Tag : auto-stop

Cascade | Commentaires : 0

Douche.
Retard.
SMS.
Anaïs.
Fontaine.
Marche.
Intermarché.
Ville.
Auto-stop.
Auto-stop.
Marche.
Raisin.
Pieds mouillés.
Marche.
Auto-stop.
Marche.
Rivière.
Pieds mouillés.
Raisin.
Pain.
Kiri.
Saucisson.
Lucile.
Faits divers.
Abeilles.
Pieds mouillés.
Jambes mouillées.
Torrent.
De rocher.
En rocher.
Sauter.
Tout mouillé.
Canyon.
Marmite.
Sauter.
Tout mouillé.
Crapaud.
Crapaud.
Pamela Anderson.
Soleil.
Papillon.
Pieds.
Glandouille.
Séchage.
Tête.
Ventre.
Pieds mouillés.
Bassin mouillé.
Sauter.
Tout mouillé.
Soleil.
De rocher.
En rocher.
Cascade.
Falaise.
Sauter.
Descendre.
Monter.
Soleil.
Boire.
Monter.
Frênes.
Boue.
Route.
Auto-stop.
Auto-bus.
Côme.
Anaïs.
Marche.
Bise.
Journée.
Charmé.
Signé.
Benjamin.

Photographie du canyon de Rabou

Lire la suite

Putain de train, putain de moi | Commentaires : 3

Billet que l’on pourra aussi sous-titrer « Quand l’habitude du grand plaisir des rencontres éphémères prend hélas le pas sur l’envie de faire une rencontre plus durable ».

Hier, lundi. Je termine un week-end de réunion du côté d’Annecy. Pour revenir à Gap je prends le train, mais comme il fait beau je profite de la demi-heure de route qui me sépare de la gare pour faire un peu d’auto-stop. Les montagnes autour sont vertes, et il y a juste ce qu’il faut de courant d’air pour que la chaleur ne se fasse pas encore accablante.

L’état d’esprit est plus que bon, et la chance est toujours avec moi : il ne me faut attendre sur le bord de la route qu’une seule dizaine de minute. J’aime déjà cette journée.

« Train wheel », par Nrbelex

À la gare, je croise une fois de plus des québecois en virée européenne pour plusieurs mois. Un petit couple bien sympa avec qui j’aurais bien discuté plus longtemps s’ils n’avaient pas du courir à leur car à peine leurs billets achetés. Rien ne me manque : cet éclair de rencontre continue à me mettre de bonne humeur. Et puis… ce quart d’heure passé à discuter a suffit pour qu’ils me conseillent de passer à côté du Lac Louise lorsque j’aurais enfin l’occasion de faire ma traversée des Amériques.

J’embarque dans le train bien en avance. Je profite alors d’une de ces banquettes libres pour m’allonger. Il faut dire que cette réunion m’a bien sortie de mon rythme de sommeil habituel. Je ne m’endors pas tout de suite : je n’ai les paupières qu’à moitié closes, et je prends plaisir à regarder s’installer les autres passagers dans le wagon.

Le train finit par démarrer et, chose rare, son léger cahot sur les rails m’endort assez vite, la tête sur ma sacoche en cuir.

Je me réveille une courte minute et, sur la banquette en face, se trouve une fille allongée exactement de la même manière que moi. Elle a juste la tête cachée derrière son propre petit sac à dos. Je souris intérieurement de me voir en ce féminin miroir, et je me rendors presque aussitôt.

« – Oui, Simone ? Oui, je suis dans le train là. Non. Non, je vais à Grenoble. »

Je me réveille, et tourne la tête pour savoir d’où vient cette voix forte. Une femme d’une soixantaine d’année crie dans son portable en milieu du wagon. Mon regard croise celui de quelques personnes autour de cette dernière. Je n’en vois pas un irrité. Au contraire, cela fait plutôt rire les gens autour d’elle. Certes, elle est chiante, mais les détails de son inintéressante discussion qui tourne en boucle à un côté ridicule qui ne peut guère prêter qu’à sourire.

Vu mon humeur, de toute façon, je ne peux qu’en rire. Et à mon petit rire répond celui de « la fille d’en face ». Elle s’est relevée, et s’est assise. Je peux maintenant voir qu’elle est jolie. Très.

« – Simone doit être sourde », commence-t-elle à m’embarquer dans une discussion, avant que je n’ai moi-même trouvé comment je pourrais faire un peu plus connaissance, et continuer à la voir sourire. Et la discussion s’enchaîne assez aisément. Je ne la résumerais pas ici : en plus d’être long, ce serait aborder des détails personnels qui ne dépendent pas que de moi.

Et Grenoble arrive. Trop vite à mon goût. Elle reste dans le train : nos chemins s’écartent. Comme toujours pour ces rencontres éphémères, je lui souhaite une bonne vie et du courage pour ce qui l’attend à la sortie de son train. Je charge mon sac, et m’engouffre dans la gare.

Tout d’un coup, un doute s’insinue dans mon esprit : « Tiens, j’aurais vraiment aimé garder contact avec elle. Et… n’avait-elle pas l’air d’hésiter et d’attendre quelque-chose, pendant que je lui faisais mes souhaits ? Mon numéro de téléphone. Merde, aucun de nous deux n’a celui de l’autre ! Re-merde ! Je ne connais même pas son prénom ».

Je rage, je peste : pour une fois que j’aurais souhaité prolonger vraiment un contact de ce genre, je ne m’en suis pas donné les moyens. Quel con, mais putain quel con je suis !

Et cette envie me taraude suffisamment pour que je lance un avis de recherche sur mon blog.

Si vous connaissez une fille d’une petite vingtaine d’année, blonde, ayant passé le week-end du 22 et 23 mai à Aix-les-Bains pour ensuite partir à Valence, et suivant des cours de kinésithérapeute[1] à Grenoble, faites moi signe !

Je n’ai pas grand-chose, mais si quelqu’un pouvait me trouver le nom et/ou les coordonnées de la donzelle, en plus de ma reconnaissance plus qu’éternelle, je lui offrirais bien un large coup à boire.

Je crois qu’une mésaventure comme ça, c’est ce qu’on peut appeler un accident de train.

Accident de train à la gare Montparnasse en 1895

Notes

[1] Oui, parce-qu’entre autres qualités, elle a très probablement celle de bien masser : pour une fois que je serais en position d’en profiter plutôt qu’en prodiguer !

Lire la suite

Le Woodstock de la soupe | Commentaires : 2

Affiche de la fête de la soupe de Florac, édition 2009 Se lever au petit matin avec une forme inhabituelle.

Faire de l'auto-stop en compagnie d'une jolie fille.

Regarder la lumière du matin dans les couleurs des feuilles d'automne.

Encore une fois, croiser des personnes vers qui on ne prendrait pas la peine d'aller sans ça.

À la gare, retrouver une autre jolie fille qui fait battre mon cœur, frissonner ma peau, et parfois raidir un peu de mon anatomie.

Traverser à pieds une ville moche, avec une allure bohème.

Sentir encore une journée chaude en ce presque début d'hiver, et se mettre en T-shirt.

Faire de l'auto-stop avec deux jolies filles.

Regarder la lumière de l'après-midi dans les couleurs des feuilles d'automne.

Faire venir un type bien pour nous tirer d'une petite galère auto-stopique sur les trente derniers kilomètres.

Se sentir bien accueilli dans une vieille maison cévenole plus ou moins retapée.

S'installer dans deux lits deux places, dans un atelier avec tous ses outils.

À l'horizontale, avoir une certaine fille dans les bras pour la première fois depuis neuf mois.

Se sentir indispensable pour lui réchauffer le nez avec mes lèvres, tandis qu'elle s'endort.

Se réveiller le matin avec un bout de cafard coincé entre deux bribes de rêve, et le faire disparaître en rapprochant un peu deux corps.

Faire une petite balade dans les bois, ramasser des châtaignes souvenir, et jeter des poignées de glands en l'air.

Aller ensemble chercher une troisième jolie fille tout juste arrivée en train pour nous rejoindre.

Écouter un groupe de folles chantantes à l'arrière de la camionnette.

Découvrir une nouvelle boisson : la kombucha.

Atterrir à Grizac deux heures avant le coucher du soleil, et y installer une table face à un magnifique paysage de crépuscule automnal.

Y découper des kilos de courges et de pommes de terre pour un concours de soupe, avec un petit groupe d'inconnus qui ne le sont bientôt plus.

Boire encore de la kombucha, les doigts rougis par le jus des courges.

Songer, mais pas plus, à mettre des champignons hallucinogènes dans la soupe.

Sentir des mains froides se glisser sous mes vêtements pour se réchauffer.

Regarder ma mie se balancer sur le trapèze suspendu au tilleul, au dessus de nous.

Le soleil couché, sur la route, dans une voiture sans chauffage, se réchauffer les pieds contre la soupière.

Avoir faim en regardant des vacanciers manger des quantités de saucisses et de viandes en tous genres.

Boire de la soupe au pain d'épice et au bleu des causses.

Prendre un chocolat chaud dans un mauvais bar, à côté de gars trop braillards.

Rentrer dormir en conduisant la voiture de notre hôte, sec de s'être trop humecté le gosier.

Tenter de nous faire la lecture, mais nous endormir après cinq pages.

Le lendemain, marcher quelques kilomètres pour rejoindre un bord de nationale ou faire de l'auto-stop.

Jouer à nous faire deviner à qui on pense.

Faire de l'auto-stop avec trois jolies filles.

Regarder la lumière du midi dans les couleurs des feuilles d'automne.

S'asseoir à l'arrière d'une camionnette aménagée, et en refermer un placard à chaque virage.

Se balader dans les rues de la ville.

Photographie de la source du Pêcher, Florac

S'asseoir au haut d'un muret, et regarder la fanfare défiler à nos pieds.

Regarder une troupe de théâtre de rue nous interpréter avec brio « La noce », d'Anton Tchekov.

Voir le trio d'allumées du ciboulot qui m'accompagne s'enthousiasmer sur un type en habit de marin qu'elles sont ensuite incapables de reconnaître dans la foule.

Regarder juste un instant les gens qui passent.

Avoir le cœur qui se serre un petit peu, puis repartir.

Rencontrer par hasard des éclaireurs et des louveteaux dont je m'occupe, à plus de deux-cent kilomètres de chez nous.

Entendre leur père dire qu'il n'a jamais vu une telle concentration de baba-cools depuis plus de vingt ans.

Se dire que ce festival a en effet un peu des airs de Woodstock de la soupe.

Regarder la quinzaine de stands du concours de soupe, folklorisés de manières très diverses : la soupe des galères, la soupe d'italie, plus belle la soupe, la trash soupe, la soupe des farfadets (miam), la soupe de Brennus, etc.

Tenter de goûter un maximum de ces soupes, en trouver certaines bonnes et d'autres moins.

Tenter de ne pas renverser de soupe dans le chahut de la foule.

Prendre un peu de distance avec mes compagnes de virée en les laissant se retrouver entre elles dans une créperie.

S'asseoir sur une buche à côté d'un brasero au milieu de la place.

Décortiquer et faire cuire des châtaignes en compagnie de nouveaux inconnus, discuter avec eux.

Offrir ces châtaignes aux passants, qu'ils en demandent ou pas.

Terminer de se remplir l'estomac à grands renforts de pain, de saucisson et de cancoillote.

Continuer à discuter de la terre qui doit appartenir à ceux qui l'exploitent.

Écouter les filles qui m'accompagnent tergiverser sur une demande en mariage commune à un parfait inconnu.

Finalement, apporter à leur place cette demande de mariage à l'heureux élu, et l'échanger contre une cigarette pour l'une d'entre elle.

Rentrer dormir en conduisant la voiture de notre hôtesse, trop fatiguée d'avoir trop travaillé.

Se réveiller une fois de plus avec un rayon de soleil tombant droit sur les lits.

Faire de nouveau de l'auto-stop avec trois jolies filles.

Regarder la lumière du matin dans les couleurs des feuilles d'automne.

Les écouter parler art, littérature, et coût de la vie à Londres avec notre conductrice.

Arriver en ville trop tard, et constater qu'il n'y a plus de pain dans aucune des boulangeries.

S'agacer un peu en faisant les courses.

Regarder la ville en train d'être nettoyée et rangée de la fête de la veille.

S'asseoir sur les marches de l'ancienne prison pour pique-niquer tranquillement dans l'air fraîchissant.

Piquer des affiches et des panneaux du festival de la soupe.

Marcher sur la petite route qui mène au village où nous couchons.

Donner à ma muse le rôle du capitaine Haddock.

Regarder encore les forêts cévenoles en automne.

Pḧotographie des Cévennes en automne

Aller ramasser quelques kilos de châtaignes.

Se faire masser.

Masser en s'écoutant lire la lettre de Franz Kafka à son père.

Regarder les filles préparer un fondant au chocolat et à la châtaigne, en continuant à écouter la lecture de Kafka.

Manger ce fondant.

Se coucher tôt, après une nouvelle lecture de Kafka.

Le lendemain, repartir en auto-stop à quatre.

Se faire brinqueballer à l'arrière d'une camionnette sans siège.

Se séparer en deux groupes à la gare.

Se faire ramasser par quatre artistes de cirque italiens.

Baragouiner un peu un italien rouillé, et vérifier à quel point je connais encore mes verbes irréguliers.

Arriver trois heures plus tôt que si le trajet avait été fait en train.

Arriver le soir, et sentir malgré tout l'absence de fatigue de ces quatre journées.


Si j'en oublie, rappelez-le moi. :)

Lire la suite

The hitchhiker's song | Commentaires : 0

Le hasard des rencontres m'a fait ré-écouter d'abord « The salt of the Earth », une chanson des Rolling Stones, reprise par Joan Baez sur son album « Blessed are ». Un des albums avec les arrangements musicaux les plus riches et les plus réussis, même si j'aime aussi beaucoup ceux très sobres de ses deux derniers albums.

Et puis j'ai réécouté l'album entier, jusqu'au titre « The hitchhiker's song », que j'avais déjà entendue, mais sans lui accorder l'attention de cet auto-stoppeur régulier que je suis maintenant.

Cette petite lacune est maintenant comblée.

Photographie de Joan Baez

Toutes les suggestions d'améliorations de mes modestes traductions sont plus que bienvenues.

Lire la suite

Auto-stop : jolie série | Commentaires : 0

[Je recopie ici l'histoire d'un trajet en auto-stop effectué au printemps dernier]

Jeudi, la semaine dernière, je quitte Paris pour revenir sur Gap. Évidemment, vu l'état de mes finances, j'ai encore prévu de faire le trajet en auto-stop.

Ça commençait pourtant très mal.

Je quitte le XVème arrondissement vers 10H.

Je prends le métro jusqu'à Porte d'Italie. De là, je dois marcher une heure et demi pour arriver jusqu'à la première entrée d'autoroute avec un peu de place pour que les voitures s'arrêtent en sécurité.

Photographie d'une autoroute autour de Paris le matin

J'attends trois premiers quart d'heure, avant qu'une polonaise qui sort de ses examens de médecine finaux en chirurgie ne me ramasse.

Il est déjà midi passé.

Elle est très sympathique, mais aussi visiblement très fatiguée : elle a révisé toute la nuit, évidemment.
Elle m'avance d'une vingtaine de kilomètres, mais la fatigue aidant, elle s'emmêle un peu les pinceaux dans la toile compliquée du périphérique parisien, et fait plusieurs allez-retour pour tenter de me trouver un endroit pas trop pourri pour que je tende le pouce.
Finalement, on en trouve un après lui avoir fait faire un détour supplémentaire : je ne lui en demandait pas tant, mais elle a insisté.

Il est déjà presque une heure.

Sur ma nouvelle aire d'autoroute, j'attends encore une bonne demi-heure. C'est un temps d'attente encore normal. Un type finit par me ramasser. Lui connaît mieux la route, et s'il ne m'avance que d'une quinzaine de kilmètres, il prend soin de me déposer à une station service prisée par les routiers longue-distance.
Je fais le tour des camions, et demande aux chauffeurs qui ne font pas la sieste s'ils partent vers Lyon ou Grenoble. C'est non partout. Bon, tant pis. Je vais me poster à la sortie de la station service, qui a le mérite d'être commune avec celle d'un service de restauration rapide bien connu pour exploiter ses employés.
Cette fois-ci, j'attends encore une demi-heure sur place.

Il est une heure et demi quand un homme d'une cinquantaine d'années me ramasse. Il ne va pas très loin, mais il a déjà fait du stop sur ce trajet. Aussi, il me dépose sur une grosse aire d'autoroute très fréquentée.

Deux heures moins le quart.

Je traverse l'aire d'autoroute pour me caler à la sortie. Je regarde un peu à droite et à gauche, et à l'autre extrémité de la station essence, je vois un type lui aussi équipé d'un gros sac, assis dans l'herbe à pique-niquer. Il me fait signe. Je vais le rejoindre.

Petites présentations rapide.

– Salut… Benjamin.
– *Mioum* Chalut. Gabriel.
– Tiens, à l'accent, tu es québecois, non ?
– Ouip. »

Du coup, je sors mon sandwich, mes madeleines, et mon jus de fruit tiède, et je casse la croute rapidement en sa compagnie. En deux mots, j'apprends qu'il est arrivé en avion ce matin-même, et qu'il part rejoindre sa copine française à Grenoble, où il a fait ses études pendant un an. On part en même temps sitôt la bouffe finie. On se prépare à l'avance deux cartons chacun : un avec « Grenoble », et l'autre avec « Lyon ».

Deux heures.

Comme cette aire d'autoroute a deux sorties distinctes, l'une pour les voitures et l'autre pour les poids-lourds, on en choisit chacun une pour optimiser nos chances, tout en nous disant que si c'était possible, on s'inviterait réciproquement dans le premier véhicule qui voudrait bien nous prendre.
Nous n'avons pas attendu deux minutes qu'un semi-remorque s'arrête, et nous embarque tous les deux. « Le routier type », sympa et à l'humour un peu gras. Je m'assois à la place du passager, tandis que Gabriel s'allonge sur la couchette arrière, à l'abri de la visibilité des gendarmes. Comme il n'a pas dormi de la nuit, il se met assez vite à pioncer. Moi, je discute un peu avec notre chauffeur. Il me permet d'écouter un peu l'émission de Brigitte Lahaie sur RMC. Je ne suis pas fan de cette émission, mais l'invitée du jour c'est Françoise Simpère avec qui j'ai mangé deux jours plus tôt, et qui vient parler de polyamour.
On parcoure ainsi environ deux-cent kilomètres d'une seule traite, en environ deux heures.
Finis les sauts de puce. Ou presque.

Il est environ quatre heures de l'après-midi.

Notre chauffeur nous dépose à une sortie, juste avant une autre grande aire d'autoroute. Il nous suggère de nous y faire porter par la première voiture venue, puis d'y retendre le pouce.
Ce que nous faisons aussitôt. Quelques poids-lourds passent devant nous, mais aucun ne s'arrête : il faut dire qu'il y a un poste de gendarmerie juste en face. Mais là encore, nous attendons moins d'une minute, pour que quelqu'un nous fasse faire les cinq kilomètres qui nous manquent jusqu'à l'aire.

Panneau de signalisation « Auto-stop interdit »À peine sortons-nous de la voiture qu'un jeune type nous interpelle, et nous demande si on veut qu'il nous prenne jusqu'à Lyon. Il s'excuse même de ne pas nous avoir pris à la précédente entrée d'autoroute, à cause des gendarmes en face bien sûr : lui aussi conduit un semi-remorque.

Cette fois-ci, c'est moi qui profite de la couchette arrière, sans toutefois réussir à pioncer. De nouveau, on tape la discussion avec notre chauffeur, un peu plus vivement cette fois. Gabriel est parfaitement éveillé, et on discute pas mal musique. De temps en temps, le conducteur nous fait remarquer les coins remarquables du paysage de cette route qu'il fait tous les jours. Le courant passe bien, peut-être parce-que nous avons tous les trois vingt-cinq ans, à un an près.

Six heures et demi, et quelques gouttes de pluie.

Nous arrivons au nord de Lyon. On s'arrange avec notre chauffeur pour qu'il nous dépose sur une nouvelle aire d'autoroute en direction de Grenoble. Coup de bol fantastique. Du très rarement vu.
Tandis que nous descendons du camion nos sacs et nos pancartes, une voiture s'arrête à côté de nous. Un femme d'une quarantaine d'année en sort en premier côté conducteur, puis un autre jeune d'une vingtaine d'années. Ce dernier ouvre la portière arrière, et en sort… un sac à dos aussi bien rempli que celui de Gabriel et le mien, et sa pancarte à lui.
Un petit éclat de rire des deux côtés, tant de la part des conducteurs que de celle des « hitchhikers », comme le dit mon québecois.

– Ha ! Vous aussi !
– Et vous, vous allez où ?
– Centre de Lyon.
– Ho. Nous, on va vers Grenoble.

Et là, même pas besoin d'arrêter de nouvelles voitures : l'échange s'est fait tout-seul dans l'instant. Gabriel et moi sommes monté dans la petite voiture, tandis que le dernier auto-stoppeur se hissait dans la cabine du camion.

Et c'est ainsi que nous sommes arrivé à Grenoble aux alentours de vingt heures.

Je vous épargne le calcul.
Pour faire plus de six-cent bornes en stop à deux, et en étant passé par quatre véhicules différents, nous avons attendu sur le bord de la route un total de temps inférieur à cinq minutes.

Et pour complèter le tout, comme il était un peu tard pour moi pour faire le trajet restant de Grenoble à Gap, mon quebécois m'a invité à passer la nuit avec ses amis grenoblois, à la cité universitaire du Rabo.
J'ai beau ne pas aimer Grenoble, ville trop grise et trop grande à mon goût… je dois dire que j'ai particulièrement aimé cette soirée qui est presque devenu une nuit blanche : les pieds dans l'herbe fraîche, cent mètres à la verticale de la ville, juste en dessous du funiculaire, à chanter la moitié du répertoire des Cowboys Fringants.

Et de cette soirée, je retire aussi deux numéros de téléphone au Québec de personnes prêtes à m'accueillir un peu si j'y mets les pieds un jour, chose prévue depuis déjà quelques temps.

Ha, et petit bonus amusant, j'ai appris par un de ses amis que Gabriel est le fils de Passe-Montagne, de l'émission québecoise star « Passe-Partout ».

Lire la suite

Hu ? | Commentaires : 0

L'autre jour, j'ai fait de l'auto-stop. Oui : encore !

Je me fais ramasser par deux types d'origine algérienne d'une quarantaine d'année. Grosse voiture. Tous les deux sont très bien sapés. J'apprends que l'un des deux est avocat à Gap, tandis que l'autre est le président d'une association d'insertion.

Ils discutent tous les deux entre eux. Je me sens un peu exclu.

À un moment, l'avocat me dit :

– Heureusement que tu es un petit blond qui présente bien. Si tu avais été un arabe, je ne t'aurais pas ramassé.

Je n'ai pas su quoi répondre.

Pouce d'auto-stoppeur

En fait, plus tard j'ai compris le fin mot de l'histoire. Les flics lui posent toujours plus de problème quand… son fils d'une vingtaine d'année est avec lui dans la voiture.

Lire la suite

Encore un ! | Commentaires : 0

En mars l'année dernière, avec ma jolie chieuse favorite, nous sommes allés nous balader dans le Dévoluy en raquettes. L'objectif : passer la nuit dans la cabane de berger voisine du chourum Camarguier.

En montant, on se demande si on préférerait qu'il y ai du monde en plus de nous, ou bien si on préférerait n'y être qu'à deux pour profiter du temps tranquillement ensemble, ainsi que de nos lectures réciproques. On finit par conclure que les deux nous procureraient juste des joies différentes.

Finalement, nous nous retrouvons en compagnie d'un petit groupe de mecs d'une trentaine d'année venus se faire une belle randonnée à skis.
Tout se passe réellement bien. On échange bouffe et blague dans une ambiance très chaleureuse. Nous profitons d'autant plus de cette chaleur qu'un vent chargé de grains de neige biens dur souffle très fort en rafale au dehors.

Je prépare des tartines grillées aux tomates séchées et au fromage de chèvre fondu pour tout le monde.
L'un de la joyeuse équipée en face - que les autres surnomment Bioman - me propose de me vendre sa paire de skis de randonnée quand je manifeste mon envie de m'y mettre depuis longtemps.

Le lendemain, nous échangeons nos numéros.

Depuis, aucun de nous n'a eu de nouvelles des autres. C'est un peu classique et pas bien grave.

Hier, je regarde les montagnes, et je me dis qu'il serait bien de rappeler Bioman pour lui embarquer cette paire de skis : l'hiver approche. Mais je n'en fais rien. J'ai encore le temps.

Aujourd'hui, j'ai encore fait de l'auto-stop entre Grenoble et Gap.
A la Mure, je me fais ramasser par un type qui me dit qu'il ne peut me prendre que jusqu'à Saint Laurent en Beaumont. Ca ne m'avance que de dix kilomètres, mais c'est toujours ça de pris. J'accepte.

Discussion un peu rapide au cours de laquelle je dis que j'étais apiculteur. Il tourne la tête, fronce les sourcils un instant et me demande :

Dis, tu ne serais pas monté à une cabane dans le Dévoluy l'année dernière ?

C'était évidemment Bioman, que le hasard m'afait rencontrer de nouveau. Au bon moment.

C'est bien d'être un cocu éthique.

Lire la suite

Les hasards de l'auto-stop | Commentaires : 0

Un nouvelle petite anecdote autostopique…

Début juillet, je reviens à Gap depuis Valence à la suite d'un petit entretien d'embauche. Je me retrouve ainsi à faire de l'auto-stop au niveau de Crest. J'attends ainsi depuis dix minutes quand une fille à peu près de mon âge se fait déposer à mon niveau par un automobiliste. Évidemment, elle aussi fait de l'auto-stop. C'est ainsi que, dix minutes après, nous sommes parti dans la même voiture en direction de Die. On discute un peu. J'apprends sur elle qu'elle revient de Lille, où elle a fait ses études pour être sage-femme. Là, elle revient voir sa famille qui habite du côté de Die. Ils avaient un élevage de chèvres angora en bio'.
On se sépare à Die, ou je continue ma route vers Gap.

Les choses auraient pu s'arrêter là.

Dimanche dernier, je fais le trajet Gap - Grenoble en passant par la Mure.

Premier petit hasard : je me fais ramasser de Gap à Saint Bonnet en Champsaur par un jeune type qui va y encadrer une formation BAFA. Dix minutes après m'être fait déposer à Saint Bonnet, une voiture s'arrête devant moi pour me prendre… et déposer un autre auto-stoppeur dont j'apprends qu'il vient comme stagiaire sur le même stage BAFA.

Le second hasard est plus important. Je me retrouve donc embarqué à Saint Bonnet par une femme d'une cinquantaine d'années qui peut m'emmener jusqu'à Grenoble. Comme toujours, il y a la petite conversation habituelle, toujours un peu sur le même modèle…

– Bla bla… Mes enfants aussi font souvent de l'auto-stop… Bla bla… Oui, je suis bergère et je reviens d'un alpage… Bla bla… J'ai une fille qui habite dans le Nord, pas loin de ta famille, apparement… Bla bla… J'habite dans le diois… Bla bla… J'ai eu un élevage de chèvre et j'ai aussi dû rembourser la DJA… Bla bla… Une de mes filles est sage-femme. Oui, c'est bien celle qui était sur Lille.
– Stop ! Votre fille ne s'appellerait pas Noémie par hasard ?
– Si. Pourquoi ?
– On a fait de l'auto-stop ensemble il y a deux mois.

Le hasard fait des choses fantastiques. C'est mieux que de gagner au loto.

Comme le disait cette italienne qui m'a ramassé en auto-stop le lendemain :

Meglio essere fortunato che ricco.

Lire la suite

Un jour, une ville | Commentaires : 0

Ou presque. Et le tout, en auto-stop.

Déjà 1209 kilomètres.

Quelques jours un peu plus tranquille, puis…

Et 1627 kilomètres de plus.

Soit un total de 2836 bornes en une semaine et demi.

Après, on verra bien, mais je sens bien un petit aller-retour Gap - Genève avec peut-être un passage à Douvaine, une semaine après, aux alentours du 5 et 6 septembre.

Lire la suite

Jeune homme cherche… | Commentaires : 0

… à retrouver jolie fille souriante aperçue en train de faire de l'auto-stop à la sortie de Gap en direction de Veynes, le samedi vingt-deux novembre aux alentours de treize heures trente.

Lire la suite

Des gens bien | Commentaires : 6

auto_stop_-_doigt_01.png Je fai­sais du stop. J’avais dormi sur le bord de la route, aux abords d’une vigne, étouf­fant de cha­leur sur mon duvet, pen­dant cette nuit de fin de juillet. Je par­tis tôt le matin, en espé­rant arri­ver avant midi à ma des­ti­na­tion. Une per­sonne, puis deux, puis trois me per­mi­rent ainsi d’avan­cer de quel­ques courts kilo­mè­tres à cha­que fois. L’habi­tuel petit rythme tran­quille. Et tou­jours le plai­sir d’échan­ger ne serait-ce que quel­ques mots avec des gens for­cé­ment sym­pa­thi­ques car ils vous ren­dent déjà ser­vice.

J’avais faim. Je n’avais pas eu l’occa­sion de m’arrê­ter dans un vil­lage pour pren­dre un petit-déjeu­ner. J’aurais eu de la peine à me payer de toute manière, mais en plus j’avais peur que m’éloi­gner du bord de la route et de rater la voi­ture qui m’emmè­ne­rait direc­te­ment à des­ti­na­tion. Je rêvais déjà de mon arri­vée à midi, et de tout ce dont je pour­rais me goin­frer. Un repas aurait été trop long à pré­pa­rer.

J’avais déjà fait une tren­taine de kilo­mè­tres, et il n’était que sept heu­res et demi du matin. J’étais à l’entrée de gor­ges encais­sées où les endroits où s’arrê­ter sont rares. Je me disais que si quelqu’un me ramas­sait, je ferais cer­tai­ne­ment au moins trente kilo­mè­tres de plus. Ce serait ça de pris. Comme d’habi­tude, je posi­ti­vais et j’y arri­vais faci­le­ment. Et puis il fai­sait beau, le soleil se levait encore. Un petit vent souf­flait et ren­dait l’air doux juste comme il faut. À part cette faim qui me tenaillait légè­re­ment, je me sen­tais bien ainsi, sur cette petite aire d’arrêt où je me tenais. Quel­ques voi­tu­res pas­sè­rent. Peu : il était encore tôt.

Enfin, quelqu’un s’arrêta. Comme d’habi­tude encore, la voi­ture n’était pas de toute pre­mière jeu­nesse : ce sont rare­ment les gens qui ont les moyens de rou­ler dans une bagnole neuve qui pren­draient le ris­que d’abî­mer leur pré­cieux bien en accueillant un étran­ger dans leur bulle cli­ma­ti­sée. Et c’est tant mieux car sinon il n’y aurait pas moyen de racon­ter quel­ques anec­do­tes : la fois où il a fallu ren­trer par la fenê­tre, la fois où il a fallu chan­ger la roue car la voi­ture a cre­vée quel­ques kilo­mè­tres après, la fois où il a fallu se tenir caché des gen­dar­mes, entre les sacs d’un cou­ple de ran­don­neurs, à l’arrière d’une camion­nette sans siège.
Le con­duc­teur était âgé d’une qua­ran­taine d’année. Il avait l’air solide et on sen­tais sur lui, dans son visage, ses yeux et sa peau, le soleil et l’air qui l’ont tous les deux à la fois caressé et frappé. Quand il me par­lait, il avait un accent que je n’étais pas cer­tain de recon­naî­tre. Je lui en fit la remar­que. Il me répon­dit dit qu’il était d’ori­gine néer­lan­daise, mais hqu’il habi­tait dans le coin depuis une bonne ving­taine d’année, d’où cet accent étrange, mêlant les sono­ri­tés du nord à cel­les du sud de la France.
Comme je l’espé­rais, il pou­vait trans­por­ter mes fes­ses et mes sacs sur une tren­taine de bor­nes.

On échan­gea un peu sur nos vies res­pec­ti­ves, en quel­ques mots. Lui habi­tait main­te­nant depuis long­temps dans ce vil­lage paumé entre les mon­ta­gnes et les lavan­des, alter­nant depuis une dizaine d’années les bou­lots sai­son­niers l’été en France, et les con­voya­ges de maté­riel vers l’Afri­que durant l’hiver. Mais cet hiver, m’a-t-il dit, il n’irait pas y tra­vailler : son amie, d’une dizaine d’années de moins que lui, aura à peine accou­chée à ce moment. Et bien entendu, pas ques­tion de les lais­ser seuls tous les deux.
Moi-même, je lui racon­tais un peu ma vie et mes quel­ques ren­con­tres de l’été, et bien entendu, qu’est-ce que je pou­vais fou­tre sur le bord de la route à cette heure mati­nale.
Je ne lui avais pas dit que je n’avais pas encore mangé, mais il du le sen­tir, car spon­ta­né­ment, il me pro­posa de pren­dre le petit déjeu­ner avec lui. Ou plu­tôt avec eux deux-et-demi. Je refu­sais. Il me ren­dait déjà ce que je con­si­dère comme un énorme ser­vice — rares sont ceux qui le ren­dent, je sais à quel point — et je ne veux pas abu­ser de la gen­tillesse de qui que ce soit. Les petits bouts de con­ver­sa­tion repri­rent, au sujet de ces tous et rien dont par­lent deux per­son­nes qui ne se con­nais­sent pas vrai­ment. Il me refit tout de même cette pro­po­si­tion une fois, puis une autre, et encore une…
Fina­le­ment, deux kilo­mè­tres avant d’arri­ver, j’accep­tais.

Il habi­tait une petite mai­son de vil­lage sur trois niveaux, coin­cée entre deux autres, elles-même tout aussi bien enca­drées. L’inté­rieur était sim­ple, pas bien grand, un peu som­bre mais cha­leu­reux. Il y avait un air de petits tra­vaux, de ceux qu’on fait quand on s’apprête à accueillir une nou­velle per­sonne dans sa vie. Par la fenê­tre, en face de la porte d’entrée, le soleil com­men­çait à ren­trer et venait faire briller la table en bois de la cui­sine.
Mon hôte alla cher­cher sa douce, à peine éveillée. Tous les trois, nous nous assî­mes autour de la table, qui se char­gea bien vite de café, de thé mai­son, de miel dans un pot de terre, de con­fi­ture, de beurre, d’un pain plus qu’appé­tis­sant.

L’appé­tit est la meilleure des sau­ces, cela ne fait aucun doute. Mais tout ceci, même dans cette appa­rente sim­pli­cité était vrai­ment bon !

L’un d’eux deux se pen­cha sous la fenê­tre et sorti deux peti­tes tor­tues d’une petite boîte en bois que je n’avais pas remar­quée, puis les a posé au soleil sur la table, à côté d’une feuille de salade. Et pen­dant que nous man­gions, cel­les-si se réchauf­fè­rent peu à peu, se mirent à bou­ger len­te­ment, et à gri­gno­ter la salade.

La scène était agréa­ble, belle même.
Et eux deux, lui avec sa manière douce et sûre de faire les chose, elle avec son ven­tre arrondi et son joli sou­rire per­ma­nent, ils n’étaient pas sim­ple­ment beaux. Ils res­pi­raient une pai­si­ble et heu­reuse har­mo­nie. Une har­mo­nie qui irra­diait, qui aurait ins­tan­ta­né­ment calmé un épi­lep­ti­que en crise, qui aurait donné le goût à la vie au der­nier des sui­ci­dai­res.
Je ne suis pas cer­tain de ce qu’il faut met­tre der­rière l’expres­sion « res­pi­rer la vie », mais si elle a un sens ils en étaient la per­son­ni­fi­ca­tion.

Une petite dis­cus­sion s’ins­talla entre nous; banale, peut-être. Je ne sais plus, je ne m’en sou­viens pas. Mais elle était toute aussi sim­ple et douce que l’ambiance. Et c’était plus impor­tant que ce que nous avions à dire car c’est ce qui lui don­nait son impor­tance.

Pen­dant que nous man­gions, le fac­teur est passé lui aussi ; un type d’une cin­quan­taine d’années, sec et à la grosse barbe. Et der­rière celle-ci, on pou­vait voir qu’il sou­riait tout le temps. Lui aussi s’est fait invité à man­ger avec nous, et c’est ainsi qu’il s’est assis sur les mar­ches de l’esca­lier, à côté de la table, un café à la main. Et la dis­cus­sion est repar­tie sur d’autres sujets.
J’étais juste bien au milieu de ces gens, aux­quels j’espé­rais un peu res­sem­bler.

Ce fût peut-être aussi l’un des plus longs petit-déjeu­ner que j’ai jamais pris, et cela sans même que je ne le per­çoive. Je ne me sou­viens plus des durées, mais le soleil était beau­coup plus haut dans le ciel quand j’ai relevé mon pouce sur le bord de la route.

J’en avais le cœur tout chaud.

Il y a trois semai­nes, je devais de nou­veau faire de la route pour trans­por­ter du maté­riel. Mon tra­jet me fai­sant pas­ser juste à côté de chez eux, je me suis dit que je m’y arrê­te­rais bien un ins­tant pour leur don­ner un pot de miel de mon­ta­gne, pour les remer­cier à la fois de leur accueil et de cette cha­leur qu’ils m’ont appor­tée un ins­tant.
Je suis arrivé vers dix heu­res du matin. J’ai frappé à la porte. Ils étaient là, et il est venu m’ouvrir. Ils étaient encore à table, en train de pren­dre leur petit déjeu­ner. Les petits tra­vaux avaient avan­cés, son ven­tre à elle s’était encore un peu arrondi, et ils avaient encore une fois une invi­tée à man­ger.
C’était comme si j’avais fermé puis rou­vert les yeux sur la même scène deux mois plus tard.

Ils m’ont à nou­veau invité à man­ger avec eux.
J’étais pressé. J’ai du refu­ser.
Dom­mage, j’aurais tant aimé.
Je suis reparti une dizaine de minu­tes plus tard, avec une invi­ta­tion à repas­ser chez eux, un jour, si j’en avais l’occa­sion.
Pour le petit-déjeu­ner, peut-être.

Lire la suite

Thierry, c'est dommage… | Commentaires : 1

Vendredi, je suis monté au Festival Nomade, à Bourgoin-Jallieu où chantaient notamment La rue Kétanou[1], mais aussi et surtout… Thierry Blanchard[2] ! \o/

J'ai fait le trajet depuis Gap en auto-stop sans problème. Enfin sans problème… Je me suis fait transporter par un monsieur de presque 90 ans qui m'a emmené de Saint Bonnet en Champsaur jusqu'à Lyon (génial !), mais m'a déposé… Au milieu de l'intersection entre l'A43 et l'A46 ! Bon, même là, j'ai eu de la chance car grâce au bouchon, quelqu'un s'est arrêté et m'a remis dans la bonne direction.
Rien de très notable finalement. À part peut-être encore cet évangéliste d'une trentaine d'année qui a tenté de me convertir sur les cinq derniers kilomètres de trajet qu'il me restait à faire. Il y en a qui ont de l'espoir

Bref… J'arrive à dix-sept heures, et c'est génial le festival ouvre vers dix-huit heures trente. Comme ça, j'ai le temps de m'organiser pour m'acheter de quoi grignoter, où passer la nuit, faire un peu connaissance avec les fêtards qui sont déjà dans le coin, acheter un billet, etc.
Et ça commence même vraiment bien, car déjà au bout de dix minutes, je fais connaissance avec quelqu'un, Camille, qui attend des amis à lui. Mieux : un d'eux n'a finalement pas pu venir, et je me fais ainsi proposer un billet à tarif réduit plutôt qu'un plein-pot sur place.
Je nage dans une chance simple et agréable. En même temps, je suis d'humeur à accepter même la malchance avec le sourire, peut-être comme c'est toujours le cas de toute façon.
Il faut dire aussi que je sais que Lucile va bientôt arriver, et… Ho, tiens ! Bastien ! Si j'avais su que lui aussi était venu de Gap à ce festival… la surprise de le voir me fait d'autant plus plaisir. On se fait la bise, on discute cinq minutes des petits pas grand-chose de la vie du festival, puis je rejoins le groupe de Camille qui a fini par arriver. Camille dont la copine se nomme d'ailleurs… Camille. C'est mignon.

Ensemble, on part donc grignoter un peu avant le concert dans le parc juste à côté. En grand sauveur, j'ai le couteau qui leur manquait pour ouvrir les bouteilles et couper le saucisson. La discussion se fait facilement. J'apprécie. J'apprécie même un peu trop, car tout d'un coup, je me dis : « Merde ! Quelle heure il est ? ». Je regarde ma montre : dix-neuf heures dix. Argl… J'espère que Thierry ne passait pas au début. Je quitte le groupe et accours vers la scène, trouve un endroit où poser mon sac, et… je finis par arriver trop tard : Thierry est déjà passé sur scène et vient d'être remplacé par Imbert Imbert (qui a d'ailleurs lui aussi de jolies chansons à son répertoire).
Tout se passait trop bien jusque là ; ça ne pouvait pas durer. Lucile que je retrouve à l'intérieur a eu plus de chance que moi : elle a pu voir le dernier quart-d'heure.

Bon, je prends sur moi. La soirée avance et les groupes commencent à passer les uns après les autres… Lucile piétine. Thierry est si près, à sa petite table avec ses quelques CD à vendre, et malgré tout, elle n'ose pas l'approcher. Elle piétine. Elle aime maintenant plus ses chansons que moi qui le suit pourtant depuis près de trois ans, et qui lui ai fait découvrir.
Son manège me fait sourire, comme souvent. Je sais qu'elle finirait par aller vers lui, mais probablement au dernier moment, peut-être trop tard. Je lui demande de rester dans son coin de chapiteau, et je pars dans la direction de Thierry. Présentation rapide : il se souvient de quelques-unes de mes interventions sur son forum et sur Jamendo. « Dis, tu pourrais me donner un coup de main pour faire immensément plaisir à une jolie jeune fille ? ».
Et voilà Thierry qui déjà s'avance derrière elle. Un souffle dans le cou, une bise, et une Lucile visiblement partie sur une autre planète. Une planète dont elle n'était toujours pas revenue à la fin de la soirée.

On en a donc profité pour lier un peu connaissance et… pour la photo ! thierry_lucile_benjamin_01.png

Sam, le « vieux pote de toujours » de Thierry était aussi là comme musicien, et il m'a fait la joie de me donner la possibilité d'écouter son prochain album en avant-première. Merci encore à toi, Sam.

À part une nuit encore un peu trop fraîche et le manque de quoi se tenir un peu plus au chaud, ça a vraiment été une bonne soirée.

Et Enfin… Une vile flatterie de Thierry, mais qui fait toujours plaisir :

merci à toi benjamin d'être venu jusque là. Dommage que tu te sois égaré dans le parc à côté au mauvais moment ;)
tu m'as bluffé par ton naturel. Ca sentait la vie chez vous deux avec lucile.
Des auditeurs comme vous j'en veux tous les jours.

Merci, à toi aussi Thierry, et continue comme ça…

Notes

[1] Ils ont un site tellement pourri et inaccessible que j'ai préféré mettre un lien vers leur page Wikipédia que vers leur site officiel, par ailleurs horriblement mal positionné sur Google. Tant pis pour eux.

[2] Qui a aussi un site qui pose des problèmes d'accessibilité, mais moins.

Lire la suite

Présence

Ma présence

Licence

Licence Creative Commons

Code

XHTML 1.0 strict valide