Pour dire les choses vite, de manière générale, avec les petites exceptions et les grandes nuances que cela comporte, j'ai constaté (et pas simplement déduit, ou limité à des ouïes dire) que plus la tâche de l'employeur est proche de celle du salarié, plus il donne de souplesse à l'employé pour qu'il réalise le travail qui lui est imparti. Cette souplesse peut jouer sur trois axes : le temps, les rapports humain, ou le confort de travail.

Quelques exemples :

  • Un employeur a une tâche à réaliser directement avec l'aide de l'ouvrier. Il a plus de compétences, mais pendant un temps, ils font le même travail : le temps est pris pour discuter un peu pendant le travail et faire connaissance. Si le travail est fait plus vite qu'escompté, les heures payées sont celles initialement prévues. Les pauses légales sont effectuées sans le stress de recommencer à la minute près.
  • Un employeur donne à un ouvrier une tâche à réaliser. Il lui arrive aussi de faire cette tâche, ou il la faisait lui-même quelques mois ou quelques années avant : le boulot doit être effectué rapidement, mais pas forcément avec excès. Si un brin de discussion est possible, il ne faut surtout pas que ça donne même simplement l'impression de ralentir le travail. Les pauses sont presque chronométrées.
  • L'employeur n'a jamais réalisé lui-même la tâche qu'il demande à son employé : le travail doit être fait vite. Très vite. L'ouvrier est une paire de bras qui doit travailler en fonction du calendrier de commande qu'il a entre les mains, et pas en fonction des limites physiques. Et peu importent les limitation imposées par le matériel disponible : il faut compenser à celles-ci, même si ce n'est pas possible. S'il parle, c'est pour dire ce qu'il faut faire, puis pour te dire d'aller plus vite. S'il a la générosité d'offrir de payer une heure de plus si le travail est fini une demi heure plus tôt que prévu, c'est pour pousser l'ouvrier à se faire sauter sa pause légale de lui-même.

Ces exemples ne sont hélas pas des caricatures. Elles sont bien des situations vécues, chacune au moins deux fois, et chez des employeurs différents.

Peut-être, pour reprendre ma réflexion initiale, certains de ces employeurs ont-il plus ou moins conscience de leurs capacités simplement humaines, au delà des chiffres imposés par une rationalisation théorique trop poussée (et donc déshumanisée).

Je me fais des films ?