Je t'ai rapporté de ces bribes de vies et de ces hasards anecdotiques dont on pense souvent qu'on ne peut presque les voir que dans les films.

Je t'avais déjà raconté cette fois où, mal rasé, volontairement perdu dans la forêt depuis plus de deux semaines, mon barda sur le dos, je me suis retrouvé dans le premier tout petit village juste nez à nez avec l'affiche d'« Into the wild ». Et cela le jour même où le cinéma itinérant passait dans ce village… pour projeter le film à six personnes.
Je te raconte aussi cette fois où je me suis retrouvé avec Lucile et Magali face à cette scène du film « Les chansons d'amour » comme dans un miroir, de manière quasiment littérale.

Image tirée du film « Les chansons d'amour »

Et tous ces hasards et toutes ces petites histoires en auto-stop. Hasards et coïncidences qui vont peut-être même un poil au delà de tous ces entrecroisement de possible que l'auto-stop génère de lui-même.

Et tant d'autres petites choses qu'il est inutile d'écrire une nouvelle fois, ou que je te raconterais plus tard…

Oui. Tu as raison. Je n'y avais pas pensé. Ce qui me permet de ressentir mes morceaux de vécus comme des fragments de romans, c'est aussi de les raconter. À moi et à d'autres. Ainsi, en voulant te raconter mes petits bouts d'histoires, même vaguement et trop rapidement, pour te montrer à quel point elles avaient quelque-chose de spécial, je me suis donné une occasion de plus pour les percevoir comme des moments particuliers.

Bordel, je le savais pourtant déjà que, comme il est dit dans ce film sus-cité « le bonheur n'est réel que s'il est partagé ». Peut-être seulement n'était-ce que ma tête qui le savait, et que mes tripes ne l'avaient jamais vraiment ressenti. Ou alors il y a longtemps. Ou bien j'ai oublié. Et j'oublie soigneusement ceux qui ne sentaient pas bons.

Enfin… Quand j'y pense, même ces trucs qui ne sentaient pas bons et qui ont pu être carrément douloureux, qu'en général je n'ai pas racontés sur le moment, j'ai maintenant réussi à en faire des expériences intéressantes, à les sublimer, et à les raconter à d'autres. Coline peut témoigner ; je crois que pour moi ça a d'ailleurs fait une grande partie du charme de notre dîner, en plus de celui de la compagnie qu'elle m'offrait.

N'empêche !

Même au delà de toute sublimation et de toute capacité à percevoir ces plus ou moins petites choses qui donnent de la saveur à « être », tout simplement… Je me trouve quand-même juste très chanceux.

[flagornerie=on]La preuve ? J'te connais.[flagornerie=off]


Tiens, et pour faire même de ce courrier une preuve de ce qu'on dit et en rendre sa rédaction importante, je vais le publier sur mon blog pour que d'autres que toi puissent le lire. Ça en fera un billet à auto-validation récursive.