
Comme on l'aura compris depuis que j'en parle (début janvier si je ne me trompe pas), je viens de terminer de relire « Chroniques d'un rêve enclavé ». Pour la deuxième fois. Presque tout juste dix ans après la première fois. C'était le deuxième bouquin d'Ayerdhal que je lisais.
Le premier, c'était « Étoiles mourantes », co-écrit avec Jean-Claude Dunyach. Je m'en souviens d'autant mieux que c'était un cadeau de Noël, et que j'ai terminé de le lire le premier janvier 2000 à minuit dix, et qu'il était paru dans la collection « Millénaires », des éditions J'ai Lu. D'ailleurs ce bouquin je ne l'ai plus : je l'ai passé en seconde à une prof' de français qui ne me l'a jamais rendu.
Mais revenons en aux Chroniques. Comme j'avais beaucoup aimé ce premier bouquin, dès début janvier, je suis allé en chercher d'autres d'Ayerdhal à la bibliothèque. Ce fût facile : ils se trouvaient classés juste à côté de ceux d'Isaac Asimov, dont j'avais finit de lire la quasi-intégrale depuis un an ou deux. Et à l'époque, à part « Étoiles mourantes » qui venait de paraître, le seul bouquin de lui qu'il y avait, c'était celui-ci.
Et le moins qu'on puisse dire, c'est que cette unique lecture a profondément marqué l'adolescent que j'étais, me poussant plus encore dans cette voix que je commençais déjà à emprunter. Un beau morceaux de révolte, une grande part d'auto-gestion, une belle couche de démocratie, des vrais bouts de mise en commun, le tout bien agrémenté de non-violence et de pacifisme.
Et des formules marquantes et des aphorismes à foison.
Je n'ai lu ce bouquin qu'une seule fois : en général, je déteste relire les mêmes livres.
Pourtant, cette unique fois m'a suffit pour que je fasse mienne un certain nombre de formules et d'idées, telles qu'elles étaient formulées. En fait, je les ai intégrées en moi au point même d'oublier que certaines venaient de ce bouquin.

Et voilà qu'il y a quelques mois, j'apprends que ce bouquin, dont tous les exemplaires ont été épuisés depuis longtemps, devrait faire l'objet d'une nouvelle édition dans le courant du mois de novembre 2009. Une envie violente m'a prise de relire ce bouquin. Je me demandais déjà clairement comment je pourrais trouver ce bouquin, dix ans après et à peu près complètement sorti de l'adolescence. Me demandant aussi ce que j'avais pu faire de cette marque qu'il m'avait laisser.
Alors si je voulais me faire critique, je pourrais dire maintenant que bouquin ne peut guère convaincre que ceux qui sont déjà convaincus, ou qui sont idéologiquement sur le même genre de pente. Je pourrais aussi dire que je le trouve parfois assez moralisateur, voir carrément pontifiant.
Il n'empêche : il y a toujours quelque-chose qui passe carrément fort vers moi et, honnêtement, ça m'a vraiment refoutu une pêche d'enfer. Mieux : j'y ai trouvé des passages qui touchent certaines de mes préoccupations actuelles plus que celles de l'ado' que j'étais. Comme me le disait Siestacorta il y a environ un an, en parlant de « La Bohème et l'ivraie » : Ayerdhal et les amours pluriels, ça colle grave.
Pour les prochains mois, accrochez-vous : je me sens habité par Karel et Parleur.
Ho, et puis tiens, ça me fait plaisir… Comme je l'avais fait pour « Demain, une oasis », voici des extraits du bouquin dans la suite de ce billet.
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